Dans un entretien exclusif, Gabriel Mokia, figure emblématique de la scène politique congolaise, est revenu sur les turbulences actuelles de la République Démocratique du Congo. Entre ses démêlés judiciaires personnels, la vague d'arrestations politiques et la guerre à l'Est, le président du MDCO livre une analyse sans concession, marquée par son habituelle passion pour la patrie.
La "roue qui tourne" : Arrestations et respect de l'autorité
Interrogé sur la récente interpellation de certaines figures politiques, Gabriel Mokia, qui a lui-même passé plus de trois ans à la prison de Makala sous le régime précédent, ne cache pas une certaine forme de stoïcisme. Pour lui, la prison fait partie des risques du métier pour un opposant. « J’ai souffert, on m'a tout arraché. Aujourd'hui, c'est leur tour de subir », lance-t-il, faisant référence à ses anciens détracteurs du PPRD.
Toutefois, Mokia insiste sur un point crucial : le respect dû à l'institution présidentielle. Tout en reconnaissant les faiblesses du gouvernement, il fustige ceux qui insultent le Chef de l'État, rappelant que Félix Tshisekedi n'est pas un « ami » avec qui l'on parle n'importe comment, mais le symbole de la nation.
L’affaire Kasanji : Un combat pour la justice foncière
L’émission a également été le théâtre d’une mise au point sur le conflit domanial qui l'oppose à Alphonse Ngoyi Kasanji. Documents à l’appui, Mokia a réaffirmé sa propriété sur des parcelles acquises depuis l'époque du Zaïre (1996). Il accuse son adversaire d’avoir utilisé la fraude et son influence politique passée pour obtenir des certificats indus. Refusant tout débat face à face qu'il juge inutile, Mokia s'en remet à la loi, affirmant que ses titres de propriété ont été réhabilités par la justice.
Guerre à l’Est : Le scepticisme face au dialogue
Sur le plan sécuritaire, Gabriel Mokia se montre particulièrement tranchant concernant l'idée d'un nouveau dialogue national. Pour lui, discuter entre Congolais à Kinshasa ne résoudra pas le problème tant que l'agresseur extérieur n'est pas neutralisé.
Ses points clés sur la crise :
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La visée territoriale du Rwanda : Selon lui, Paul Kagame ne cherche pas le dialogue mais l'appropriation des terres et des ressources minières du Kivu.
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L'appel à la fermeté internationale : Mokia mise sur une pression accrue des États-Unis, citant notamment l'administration Trump, pour « mettre au pas » le dirigeant rwandais.
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La refondation de l'armée : Il appelle à une montée en puissance des FARDC, regrettant l'époque où l'armée congolaise (sous Mobutu) était crainte et respectée dans toute la sous-région.
Un patriote "non-aligné"
Bien qu'il soutienne Félix Tshisekedi, Gabriel Mokia précise qu'il ne le fait pas pour un poste ou par intérêt personnel. Il se définit comme un homme de "logique" et de "vérité", capable de conseiller le Chef de l'État sans complaisance.
L’entretien s’est conclu sur une note de passion patriotique : Mokia se dit prêt à assumer des responsabilités pour défendre le territoire, affirmant que si on lui en donnait les moyens, il n'hésiterait pas à porter le fer jusque chez l'ennemi. « Aide-toi, le ciel t'aidera », a-t-il rappelé, exhortant les Congolais à ne pas attendre que leur salut vienne uniquement de l'étranger.
En résumé, Gabriel Mokia reste fidèle à lui-même : un politique de terrain qui préfère le rapport de force et la légalité documentaire aux compromis de salon.
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